
Je dois supporter, mais comment faire ?
Avez-vous remarqué que le verbe « supporter » a plusieurs sens ? Il y a un que nous connaissons bien, nous, les chrétiens, c’est celui employé par Paul dans Ephésiens 4/2 : « Je vous exhorte à marcher …, vous supportant les uns les autres avec amour, vous efforçant de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. » Il s’agit ici d’accepter quelqu’un, malgré ses manières, ses faiblesses, même si l’on en souffre (Larousse).
Mais il est un autre sens que les supporters – justement – utilisent volontiers lorsqu’il s’agit d’encourager son équipe favorite. Ce support là est souvent rempli de passion, de mouvements exubérants, de cris effrénés à devenir aphone, à croire qu’à force de vociférations, la victoire sera acquise.
Nous faisons tous face à la chair de notre conjoint. Il y a foule de petites détails, chez lui qui nous irritent parfois : les chaussures dans la cuisine, les bocaux trop fermés, l’éponge pas rincée, les outils qui traînent, … A croire qu’il le fait exprès, puisqu’on a répété une centaine de fois qu’il faut ranger, qu’il faut faire attention, qu’il faut …, qu’il faut, …, qu’il faut, … !
Au bout de quelques temps de vie commune – Parfois, il faut du temps – nous arrivons à la conclusion que cela ne marche pas. Si nous n’y prenons pas garde, nous passerons notre vie à vouloir rééduquer notre conjoint. Au fait, le Seigneur nous demande-t-il de le faire ? Non ! Il nous demande d’éduquer nos enfants, pas notre époux ! Et cela pour plusieurs raisons :
1 – Il est notre époux, pas un enfant de plus dans la maison. Avec une attitude de soumission et de respect, nous pouvons lui demander son aide pour nous faciliter la tâche, mais nous ne pouvons pas l’infantiliser, le harceler sans relâche, encore moins exiger.
2 – On ne peut se changer soi-même. Mais le changement est possible, avec le secours de Dieu, par la croix que nous acceptons chaque jour, afin de faire mourir notre égoïsme – entre autres -. Mais chacun aura à rendre compte pour lui-même. Va changer, celui qui veut changer ! Le Seigneur ne force personne, à plus forte raison, gardons-nous en.
3 – Par ailleurs, le rôle de la femme est de s’occuper de sa maison, qu’elle travaille ou non. Son mari est invité, de la part du Seigneur, à lui apporter son aide. Mais s’il ne le fait pas, par tradition, égoïsme, fatigue excessive, …, la femme ne peut que prier pour son mari, si sa demande reste sans réponse. Ne cédons à pas la mentalité mondaine qui exige que tout soit divisé par deux, égalité oblige.
Si nous ne veillons pas, l’irritation gagnera du terrain, car plus nous sommes fatiguées, plus la croix est lourde.
Je reviens au 2e sens du mot « supporter ». Nous devons nous encourager dans cette mort, tel l’athlète que l’on désire voir gagner la course. Parfois, la croix est à l’œuvre silencieusement mais profondément. Soyons là pour encourager notre mari à continuer à la prendre. Excusons-nous de notre insécurité, de notre impatience et de nos mauvaises habitudes – Hé oui ! Nous en avons aussi. – cela l’encouragera à regarder à lui-même.
Parlons dans la vérité, redressons avec douceur, sans manipuler en vue de l’amener à réponde à nos caprices – Oui, je sais, le mot est fort. – ou pour qu’il satisfasse notre volonté plutôt que celle de Dieu. Cherchons le Seigneur avant d’aborder les sujets qui fâchent, comme nous aider dans les tâches ménagères, se soigner, moins manger, …, et attendons son feu vert, avant de nous exprimer. Il faut parfois du temps pour être apaisée, surmonter sa frustration ou sa colère. Et s’il arrive que nous faisons face à de mauvaises attitudes, n’oublions pas que : « Si vous supportez la souffrance lorsque vous faites le bien, c’est une grâce devant Dieu. » 1 Pierre 2/20. Pardonnons !
La Parole, conduite par l’Esprit Saint, est une semence incorruptible. Il y aura des fruits, tôt ou tard, si nous ne détruisons pas ce que Dieu construit. N’oublions pas également que les bergers peuvent nous aider, sans qu’un sentiment de trahison ne soit ressenti. Demander de l’aide sous-entend que chacun sera enseigné, car nul n’est infaillible et les tords sont souvent partagés. Ne couvrons pas ce qui est un danger spirituel pour l’un ou l’autre ou pour les enfants. Nous sommes supposés nous aider mutuellement à répondre à l’appel de Dieu, dans le cadre familial et l’église.