Le chrétien « caméléon »

Quand l’authenticité manque au chrétien, il est en danger.

Je vous ai déjà parlé du chrétien « zourite ». Connaissez-vous le chrétien « caméléon » ? Celui-ci mérite la médaille d’or du camouflage et donc de la fausseté.

Ce reptile que l’on connaît bien dans les îles a des propriétés anatomiques extraordinaires. Merveilleuse création de notre Dieu ! A La Réunion, on le surnomme « l’Endormi », en raison de sa lenteur. Il est difficile à repérer, car pratiquement immobile, mais surtout à cause de sa capacité à changer de couleur selon son environnement. Autres caractéristiques surprenantes, il possède une langue collante de 20 cm, d’une rapidité fulgurante et ses yeux sont indépendamment mobiles. Il peut donc voir dans deux directions différentes. Quelle aubaine !

Je me demande s’il n’existe pas de chrétiens « caméléons ». Je crois qu’il en existe trop ! Ce sont tous eux qui se métamorphosent pour s’adapter au milieu dans lequel ils se trouvent. Cela peut-être au travail où l’on se fond dans la masse pour cacher notre statut d’enfant de Dieu ou au milieu de certains « amis » que l’on n’a pas réussi à mettre de côté, bien que leurs conversations ou positions dérangent. Et que dire de ceux qui, dans l’église, jouent au chrétiens spirituels, en désaccord avec leur manière païenne de vivre. Ils ne se distinguent pas des incrédules de ce monde.

Dans la première Eglise, je suis persuadée qu’on ne mettait pas longtemps à distinguer les chrétiens authentiques des autres, ni dans leurs paroles ni dans leurs manières d’agir et de vivre. Ils n’hésitaient pas à prendre clairement position pour Dieu, devant les autorités, même au péril de leur vie. Leur motivation n’était autre que « Il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. » (Actes 2.26-29). Même dans la persécution et la mise à mort, ils restaient fermes et fidèles à leur foi.

Pour en faire une parabole, je décrirai le chrétien « caméléon », comme celui qui reste un enfant, d’une croissance spirituelle au ralenti. Rien d’étonnant à cela ! Comment grandir quand on ne veut pas renoncer à ses mauvais penchants, aux mauvaises relations et à sa vie mondaine, quand on refuse la croix qui nous transforme ? On reste immature.

La langue du caméléon a de surprenant qu’elle est extrêmement rapide. Voyez-vous où je veux en venir ? Le chrétien « caméléon » attrape tout ce qu’on lui présente. Il n’a pas de mal à se mélanger, à tout accepter, sous des prétextes fallacieux tels que, « Dieu est bon, Il aime tout le monde ! », « Il ne faut pas être sectaire. », « On est libres. », etc. Aucun discernement ! Aucune maîtrise de soi, soit par amour du monde, soit par manque d’obéissance à l’Evangile ou les deux ! Et rapide à parler avec ça ! Forcément, les commérages et les discussions inutiles vont bon train, car il est plus facile et rapide d’analyser, immobile et oisif, que de se donner et de venir souffrir avec les frères et sœurs pour le Royaume. Ah, ces chrétiens qui ont de grandes déclarations, mais chez qui on ne voit pas ou peu de fruits ! Des champions de la langue de bois !

Et si on parlait des yeux du caméléon ? Ils peuvent voir dans des directions différentes et donc gérer des images distinctes. Surprenant ! Les chrétiens « caméléons » aussi peuvent regarder à la fois en haut et en bas. Ils portent souvent deux casquettes, voire plus, afin de s’attirer les bonnes grâces – je n’en suis pas sûre – de leurs interlocuteurs. Ils cherchent un public pour les comprendre ou les admirer, n’ayant pas renoncé à la mort de leur moi pour revêtir Christ. Ce sont des chrétiens de nom qui jettent un œil au ciel, comme pour apaiser leur conscience, et un œil sur la terre, cherchant la sécurité dans leur propre royaume. Ils sont extrêmement doués dans le camouflage, glissant d’une attitude à l’autre, d’une parole à son contraire. Aucune stabilité, aucune fiabilité, aucune cohérence ! Quelle misère ! C’est un décalage permanent entre les paroles et les actes.

Vous en connaissez ? De grâce, soyez patients et priez pour eux ! Il peut s’agir d’un manque cruel de révélation ou d’obéissance. Il faut du temps, parfois, pour capituler devant la croix. Il faut du temps pour réaliser que cette terre n’est pas notre maison. Il faut du temps pour comprendre que mourir pour obtenir la vie de Christ fait notre bonheur, malgré la souffrance de la chair.

Prions pour que le chrétien « caméléon » ne renonce à l’appel de Dieu pour des plans sordides ! Il a besoin que Son maître s’occupe de lui et le retire de sa prison. Il a besoin d’une repentance sincère, en tant qu’enfant de Dieu et citoyen du Royaume, pour soumettre sa vie au Souverain. Gardons espoir ! Je connais d’anciens chrétiens « caméléons », ils servent Dieu aujourd’hui, sans retenue. La correction du Seigneur est parfois brutale mais salutaire. Faisons-Lui confiance pour notre époux.se, pour nos enfants et nos frères et sœurs !

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