Gérer la crise

Qu’il est difficile d’autogérer sa colère !

Les enfants manifestent leur frustration avec une intensité déconcertante, allant de la bouderie silencieuse jusqu’à la crise de colère bruyante et ravageuse. Leur comportement impacte le nôtre, sans que nous arrivions toujours à faire descendre la tension. Nous savons qu’il faut réagir avec calme, mais sans être capables concrètement de gérer chaque situation critique.

La frustration est l’une des émotions les plus puissantes que nous ayons à affronter depuis notre plus tendre enfance, faisant d’elle l’une des plus dangereuses. Outre son intensité, ce qui rend le contrôle de cette émotion difficile est que personne n’enseigne habituellement aux plus jeunes comment canaliser l’énergie qui lui est associée

Nous pouvons nous aider des conseils d’un psychologue, spécialiste de l’enfance et de la parentalité, mais la Parole de Dieu, étant souveraine, nous devons chercher à la pratiquer avec attention.

1 – Adapter son attitude à la crise émotionnelle

D’abord, face au débordement émotionnel, il faut souffler et prendre le temps de réagir pour éviter de monter en pression soi-même. Ensuite, il est indispensable de se rappeler que nos réactions ne sont qu’imparfaites et que nous n’avons pas le pouvoir de calmer les enfants immédiatement. Nous pouvons les accompagner au mieux pour les ramener au calme. Si besoin, l’adulte peut lui aussi s’isoler quelques secondes, le temps de se pauser, de prier, même si cela peut paraître incongru, car la précipitation et l’impulsivité vont, à coup sûr, causer des dégâts.

2 – Protéger

En fonction de l’intensité des réactions, il peut être nécessaire de se protéger et de protéger les autres personnes présentes. Il convient également de protéger l’enfant de lui-même, lors de cette tempête émotionnelle, principalement s’il se fait du mal. L’isoler peut être une bonne idée, afin d’éviter les interventions des autres adultes et des autres enfants, dont les propos peuvent envenimer les choses ou apporter un soutien délétère à l’enfant, ce qui va saper votre autorité. Trouver un lieu calme, intime, où vous pourrez faire ce qui vous semble bon. N’oubliez pas qu’un enfant est capable de fédérer un public, juste par un regard, afin de vous déstabiliser !

3 – Parler au bon moment

Gronder est souvent superflu en début de « crise ». Au préalable, l’enfant doit avoir appris à pleurer, sans ameuter tout le quartier comme un cochon qu’on égorge. Les larmes soulagent la tension. Chercher à les empêcher de couler serait contre-productif. L’accompagnement consiste à se positionner à sa hauteur, à lui parler sans élever la voix et à soutenir le retour au calme en démontrant votre empathie, votre disponibilité et votre autorité. La corégulation peut prendre du temps, mais c’est un investissement gagnant sur le long terme. Certaines situations ne permettent pas une gestion immédiate, il convient parfois de différer et de prévenir son enfant qu’on s’en occupera plus tard, tout en l’assistant à retrouver son calme.

4 – Éviter de générer des frustrations

La frustration n’apprend rien en tant que telle. C’est sa gestion qui est profitable. Il n’est pas nécessaire de générer une frustration qui pourrait être évitée. Cependant, il est vital d’apprendre à gérer ses émotions pour supporter les frustrations normales de la vie. Cela vaut pour tout le monde, y compris les adultes. Chez les enfants, l’apprentissage s’effectue par la corégulation, c’est-à-dire, l’accompagnement d’un adulte pour un retour au calme, pour une leçon apprise et un progrès dans la formation du caractère, qui est le but biblique recherché. Ils ont besoin de votre assistance pour apprendre à porter leur croix, comme ils vous voient le faire. Vous connaissez votre enfant mieux que quiconque, ses faiblesses, sa sensibilité voire susceptibilité, sa relation difficile avec tel frère ou sœur, etc. Autant que faire se peut, évitez-lui des frustrations inutiles causées par vous-même ou autrui. Cependant, Dieu est souverain et rien n’arrive par hasard dans la vie de Ses enfants, petits et grands.

5 – Anticiper

L’anticipation et la recherche de stratégies signifient que, lorsque certaines situations sont, par essence, empreintes de frustration, comme les trajets, de l’attente ou encore des rendez-vous médicaux, il est souhaitable de prévoir de quoi combler le temps. En outre, il est utile de considérer chaque tempête émotionnelle comme un moyen d’apprendre à mieux connaître son enfant. Il devient de plus en plus facile de prévoir ce qui génère de l’agacement. Rappelez-vous qu’un enfant qui manque de sommeil ou a qui a faim aura plus de mal à gérer ses émotions.

6 – Etre un modèle

Les humains, donc les enfants, apprennent facilement par l’observation et le mimétisme. Il est parfois bienvenu et humble d’exprimer devant eux ses propres émotions et de verbaliser ses propres stratégies d’autorégulation de la frustration et de la colère. Votre travail personnel est très avantageux pour tous les membres de la famille : les émotions sont reconnues, acceptées et les traverser est un processus normal. Votre enfant voit votre parcours : colère, retour au calme avec la croix et repentance à qui de droit. Bien entendu, tout n’est pas à partager avec les enfants. Partagez-leur ce qui les enseignera et qui ne les affectera pas.

7 – Accueillir tous les sentiments et instruire

Valider les sentiments, tous, même ceux perçus comme négatifs parce qu’ils sont dérangeants. Il est important que les enfants puissent ressentir et reconnaître qu’ils sont frustrés, en colère, tristes sans que ce soit perçu comme inadéquat dans la vie quotidienne. Être culpabilisés de ressentir de la frustration ou de la colère n’aide pas à appréhender les situations avec plus de compétences.  » Jésus n’est pas content !  » est à proscrire et définitivement. En revanche, pouvoir exprimer et user de stratégies d’auto et de corégulation est totalement fonctionnel et efficace. On parle de maîtrise de soi ! Amener son mauvais caractère à la croix amène une grande récompense, devenir comme Jésus Lui-même, encore faut-il identifier ce dont on doit se débarrasser. On ne se condamne pas d’avoir mal réagi, mais on s’occupe de ce caractère charnel, qui est appelé à être crucifié. Cette oeuvre concerne également les enfants. Ne les exemptez pas de prendre leur croix.

7 – Apaiser

Souvent, l’enfant rejette tout contact physique, lors d’une tempête émotionnelle. Il ne faut pas le forcer. Il vaut mieux proposer le câlin afin d’aider à l’apaisement. Le contact chaleureux démontre de l’empathie et un accueil des émotions. Les enfants, selon leur maturité, n’ont pas tous la même capacité de s’autoréguler. Les câlins offrent cette corégulation, cette reprise en contact par le corps et de se poser après un tourbillon émotionnel dans lequel ils se sont perdus. Que cela se passe avant la conclusion de la situation ou après, qu’importe ! Le contact physique est bénéfique, même si la situation mérite par la suite une gestion plus ferme. Sévir n’est jamais rejeter. Bien au contraire, c’est le moment d’exprimer davantage d’amour et de compassion. Cela n’est pas incompatible avec la sévérité et/ou la sanction à venir.

8 – Accepter ses erreurs et ne pas tout affronter seuls

Dans la parentalité, il est nécessaire de choisir ses batailles. Tout n’est pas contrôlable et l’accepter est un soulagement : tous les enfants éprouvent des aléas émotionnels. Ainsi, les étiquettes du type, « c’est une colérique », « elle est hystérique », doivent être évitées afin de ne pas cristalliser certains comportements. Certains caractères méritent l’intervention divine. La nouvelle naissance est le premier miracle attendu. Cependant, l’enfant ne doit pas perdre de vue qu’on attend de lui des progrès, qui seront toujours félicités. Toute occasion est bonne pour travailler à cela, comme un défi qu’on l’invite à relever, toujours pour son bien.

Personne n’est parfait ! Des erreurs seront forcément commises. Le plus important est de les verbaliser et d’être en capacité de s’excuser si nos comportements ou propos ont été heurtants. Nous n’avons d’ailleurs pas à être parfaits, c’est une recherche vaine dans tous les cas. Mais on peut s’améliorer ! Cela vaut également pour les enfants qui ne sont pas des petits êtres exemplaires. Ils expérimentent le monde durant leur développement et prennent des décisions sans mesurer les conséquences. Les expressions émotionnelles ne contiennent aucune envie de nuire. Les enfants font souvent du mieux qu’ils peuvent, ils ont désespérément besoin d’être aidés, comme beaucoup d’entre nous, piégés dans une émotion accaparante. 

Il est également possible que les parents aient besoin d’aide spirituelle premièrement puis pratique. Nous avons tendance à reproduire notre propre éducation. Avoir la lumière de l’Evangile n’est pas une option. Ouvrir sa maison à ceux qui peuvent nous aider nous instruit. Cela suppose d’accepter d’accueillir l’assistance et de se remettre en question.

9 – Analyser puis agir

a. La situation mérite qu’on prenne de la distance par rapport à la colère. L’une des meilleures façons consiste à se concentrer sur les aspects positifs et négatifs globaux de la situation qui frustre et prendre en compte chacun d’entre eux et pas uniquement ceux qui sont négatifs. Par exemple, l’enfant peut être amené à se rappeler d’un précédent plus contrariant, où il en est sorti avec brio. On peut également l’encourager à remettre à plus tard la gestion de la situation, ensemble, avec la promesse de toute votre attention pour régler le problème. Le temps agira comme un régulateur et évitera que cela tourne à l’obsession.

Il n’existe pas de pire conseiller que la frustration. En effet, la frustration nous amène à attaquer ou blesser l’objet qui génère cette émotion. Autrement dit, il s’agit d’une émotion peu réparatrice et plutôt vindicative, raison pour laquelle il faut éviter d’agir lorsque ses effets agissent sur nous. Le calme des parents est donc nécessaire.

b. Lorsque l’enfant réclame ce qu’on ne peut lui donner, l’étape suivante consiste à l’amener à distinguer ses désirs, ses besoins et la réalité. Cela semble très simple, mais il ne s’agit pas d’une tâche facile : faire la différence entre ce que nous voulons, ce dont nous avons besoin et ce que nous pouvons réellement obtenir. Pour l’enfant, c’est très compliqué, vu sa notion du temps très approximative et la non ou minime conscience de la réalité.

Si la situation qui cause la frustration ne dispose d’aucune marge de changement possible, il est normal que l’émotion augmente en intensité. Face à ce type de situation où il n’existe pas de marge de manœuvre, il est préférable de travailler sur l’acceptation, plutôt que de travailler sur la capacité d’autorégulation de la frustration. Quand il n’y a pas de solutions, il faut pleurer avec celui qui pleure et prier pour déposer la peine et la fardeau. Tous ne doivent jamais oublier que le Seigneur tient toutes nos vies entre Ses mains.

c. L’Evangile nous enseignera toujours à garder un cœur bienveillant même lorsque nous manifestons notre autorité. D’expérience en expérience, l’enfant peut se reposer sur cette confiance que vous agissez toujours pour son bien, même s’il souffre. Nous-mêmes traversons des situations de grande frustration où l’acceptation nous semble impossible. La croix est encore et toujours la solution. Ce dont on ne peut se défaire, la croix y arrivera à bout. Il faut prier jusqu’à être libéré et ne pas répondre à la tentation de nourrir sa frustration. Les enfants aussi peuvent vivre cela, si nous les accompagnons à la croix. Il faudra veiller à ce qu’ils gardent un cœur pur, en rejetant tout ressentiment envers quiconque.

J’ajouterai quelques mots concernant les personnes âgées. On dit souvent qu’ils retournent en enfance en vieillissant et la frustration peut prendre des proportions énormes, jusqu’à les faire tomber dans la dépression. Là aussi, il faut de la patience, de la bienveillance pour amener à distinguer les désirs, les besoins et la réalité. S’ils sont chrétiens, il faut également accompagner dans l’exercice de la foi, les convaincre que la croix est la solution pour être libre et heureux. Vivre dans le contentement est un bonheur inestimable !

D’après une publication de Natacha Butzbach, psychologue

Mon enfant est différent. Vous comprenez ?

Quand la différence n’est pas comprise et acceptée, comment gérer le quotidien à la maison, à l’église, à l’école, etc. ? Comment faire face au regard d’autrui ?

Les neurosciences ont particulièrement progressé ces dernières années. Et, heureusement, j’ai envie de dire, car l’humanité va de plus en plus mal. De plus en plus d’enfants et d’adolescents ont besoin de soin, et on dépiste de plus en plus tôt ce qui ne va pas, tant au niveau physique que psychique. Des études ont permis de déceler plus facilement chez les enfants les troubles neurodéveloppementaux, appelés autrefois dyslexie, dysorthographie, dyspraxie, dyscalculie…, et même l’autisme. D’autres ont éclairé le fonctionnement des HPE (haut potentiel émotionnel) ou HPI (haut potentiel intellectuel).

Pour vulgariser, le cerveau est un organe complexe. Comme tout organe, il peut ne pas bien fonctionner, tomber malade ou tout simplement avoir des « défauts de fabrication ». La question n’est pas de chercher pourquoi et à qui la faute. Il faut tout simplement accepter cet état de fait.

Disons que mon foie ne fonctionne pas « normalement » et qu’il m’est impossible de digérer le sucre. Il est clair que si je m’entête à en consommer, je risque de mourir prématurément. Cependant, le diagnostic étant posé, on m’apprend que je n’en guérirai jamais et qu’il faut apprendre à vivre avec. Des règles de vie adaptées peuvent m’aider à vivre longtemps plus ou moins normalement, avec un foie « anormal ». Y a-t-il quelqu’un qui discuterait ce diagnostic posé par un voire plusieurs spécialistes ? J’en doute. Si j’applique le protocole mis en place pour ne pas être malade, y aura-t-il quelqu’un pour me forcer à m’alimenter comme tout le monde, alors que je risque d’être gravement malade ? Là aussi, j’en doute.

Maintenant, revenons aux troubles neurodéveloppementaux. Souvent, c’est l’école qui alerte les parents face à des problèmes d’apprentissage. On conçoit facilement, qu’un enfant ait besoin de lunettes ou d’appareil auditif. Cela devient beaucoup plus compliqué lorsqu’il s’agit de ces troubles. Premièrement, parce que cela peut passer inaperçu, si le trouble est léger. Par ailleurs, l’enfant en grandissant va développer des attitudes pour se fondre dans la masse et faire « taire » sa différence. Tout simplement parce qu’on attend de lui qu’il soit « normal » ! Cela occasionne évidemment de la souffrance, une sous-estime de soi, des problèmes relationnels et une incapacité à être heureux.

Tout comme je dois accepter et faire accepter que mon foie ne synthétise pas le sucre, les troubles neuro-développementaux et fonctionnements cognitifs différents doivent être acceptés. Premièrement, dans le milieu chrétien, la grâce doit faire place au jugement. Ces troubles sont bien souvent génétiques. Il y a des familles de DYS et des familles de HPI. Il faut apprendre à être heureux malgré tout. Jésus accepte ce que l’on est, on doit l’accepter aussi. Qui a décrété qu’on doit tous entrer dans une case et se ressembler ?

Accepter la différence est primordiale pour les parents qui apprendront à leur enfant à s’accepter tel qu’il est. Ensuite, ils doivent protéger leur enfant des paroles blessantes et légalistes. L’instruction est essentielle : instruire l’enfant qu’il fera toujours face à l’incompréhension ou au jugement et instruire la personne qui juge sans savoir, quand cela est possible. 

Il est inutile de demander à un enfant d’arrêter de remuer quand il est dyspraxique, sous prétexte que cela nous dérange. Inutile aussi de se moquer de celui qui annone, alors qu’il devrait maîtriser la fluidité de la lecture ! Inutile de forcer celui-là à manger ce qu’il ne peut avaler quand il est atteint de dysoralité sensorielle ! Inutile de se moquer d’un autre qui pleure devant la gazelle dévorée à la télé, quand il est HPE ! Inutile aussi d’obliger celui-ci à embrasser quelqu’un alors que son trouble autistique fait qu’il refuse tout contact physique. Cependant, on peut lui enseigner qu’un bonjour audible est suffisant, s’il en est capable.

Attention, je parle de troubles dont le diagnostic ne fait aucun doute, posé par des professionnels ! Il ne s’agit pas de comportements dus à manque d’éducation venant de parents démissionnaires. Je parle d’un fonctionnement cérébral différent. Des accompagnements peuvent être proposés par la médecine mais l’enfant ne guérira jamais de ces troubles. 

SEUL Jésus peut toucher un organe et le régénérer complètement. J’ai vu de mes propres yeux des membres s’allonger, des muets parler et des sourds entendre. Pourquoi Dieu ne pourrait-il pas transformer un cerveau ? Si la personne atteinte de ces troubles vit dans la souffrance de ne pas être comme les autres, elle peut s’attendre à un miracle. Mais le Seigneur reste souverain. Par ailleurs, d’autres sont fiers de leur différence car ils ont su l’apprivoiser et la rendre utile au Royaume.

La pression des parents, de l’école ou de l’église ne doit pas rendre un enfant malheureux quand il est différent car il est incapable de se changer. Je ne conçois pas que le Seigneur puisse s’accorder avec des brimades, des conflits incessants et des exigences qui détruisent l’atmosphère familiale, sous prétexte qu’un enfant doit être éduqué et qu’il doit arriver coûte que coûte à réussir. Il va lui en coûter son bonheur et peut-être même son salut ! Le légalisme détruit, on ne cesse de le répéter. Il ne s’agit ni de le pousser au-delà de ses capacités ni de le conforter dans ses difficultés pour en faire un assisté. Le foyer doit être un refuge d’amour pour les enfants, un hôpital où l’on guérit des blessures du dehors, un abri auprès de parents empathiques et d’une fratrie compatissante et un lieu de retours constants auprès de Celui qui dépose en nous Sa vie, au moyen de la croix.

Parents, soyez toujours prêts à vous remettre en question devant un enfant qui ne rentre pas dans les cases ! Consultez un professionnel et faites-vous aider. Ce n’est pas un manque de foi ! Vous ne demanderez jamais à votre enfant de six ans de porter 50 kg. Vous devez savoir ce que vous pouvez attendre de lui selon son âge et ses capacités. Demandez à un dyspraxique de ranger sa chambre, c’est lui demander de porter 50 kg. Il faut lui donner une consigne après l’autre, d’abord le linge, puis les chaussures, ensuite les jouets… . Des exemples pratiques comme celui-ci, je pourrais vous en donner des tonnes.

En tant que parents responsables du salut de notre enfant, n’est-il pas important de l’accepter tel qu’il est, notamment lorsqu’il est porteur de ce genre de troubles ?  Il faut éduquer dans la bienveillance mais aussi dans la fermeté. Il faut apprendre à l’entourage qu’un enfant différent n’est pas forcément un enfant rebelle. Je dis bien « forcément ». Il faut chercher le Seigneur pour discerner ce qui est à l’origine de certains comportements et ne pas s’empresser de juger et de condamner ! De plus, n’oublions pas que les chiens ne font pas des chats, n’est-ce pas ?

Une atmosphère de grâce et de bienveillance, une autorité rassurante qui s’exerce dans la justice, doivent mener l’enfant à Jésus, qui l’aime sans conditions. Ce même amour doit être la motivation de toutes vos interventions éducatives. Comme Dieu, châtiez par amour mais n’exigez pas l’impossible !

La relation avec des bergers portant le cœur de Jésus est d’un grand secours. Quand je me casse un bras, je leur demande du soutien, mais je vais aussi consulter. Le cerveau a ses défaillances comme tout autre organe. En attendant le miracle, il faut se soigner quand le traitement existe. Sinon, il faut tout simplement accepter que ce cerveau soit différent et compter sur la grâce de Celui qui règne dans notre vie.

Trop tard, elle a été cuite !

Un enfant est comme de l’argile entre les mains du potier. Tant qu’elle est mouillée, l’argile reste souple et malléable. Il faut faire ce qu’il y a à faire, car une fois durcie, elle devient difficile à travailler. Et, si elle a été cuite, elle est irrécupérable. A méditer !

Au travers du prophète Jérémie au chapitre 18, Dieu demande à Son peuple : « Ne puis-je pas agir envers vous comme le potier ? »

Un enfant, dans son jeune âge, est comme de l’argile entre les mains du potier. Celui-ci, en prenant l’argile, a déjà en vue le vase qu’il veut réaliser. Les parents sont des potiers. Ils doivent savoir ce qu’ils veulent faire de leur enfant : avant tout un disciple de Jésus, aimant la Parole de Dieu, la prière, l’Eglise. Cela demande de la part des parents, une intelligence renouvelée par la Parole. Autrement, notre éducation et notre vécu risquent fort d’influencer le soin apporté aux enfants. Par exemple, j’ose dire que dans ma famille, la réussite se mesure au montant du salaire et au nombre de maisons que l’on peut posséder. Les métiers manuels étaient méprisés et les filles comme les garçons se devaient de réussir. Dites-moi ce que vous voulez, mais il faut un engendrement dans l’Evangile pour sortir de sous cette pression et n’accomplir que le plan de Dieu. Et, les Ecritures nous enseignent que les filles ne peuvent être traitées de la même manière que les garçons puisque leurs responsabilités sont différentes. Cela mériterait plus de précisions, peut-être dans un autre article !

Lorsqu’on est chrétien, la plus belle réussite est de vivre la volonté de Dieu, car nous serons heureux dans notre activité, même en étant jardinier ou maçon. N’allez pas croire que je sois contre les études. J’ai moi-même étudié de longues années et j’ai acquis des compétences qui sont des bénédictions pour le peuple de Dieu aujourd’hui. Je le dis sans prétention, car je réalise que c’était bien le plan de Dieu pour ma vie et il m’a guidé dans mes choix de vie professionnelle. Cependant, dans les temps dans lesquels nous sommes, c’est-à-dire les derniers temps où nous voyons la fin de toutes choses se précipiter, le plan de l’ennemi se mettre en place par le système mondial, il est peut-être urgent, plus que jamais, de ne pas gaspiller son temps dans des choses futiles. Au risque de choquer, je pense que le salut de nos enfants est plus précieux que leurs diplômes. Sans compter que souvent, les études sont une porte de sortie pour vivre leur vie loin du regard des parents et de l’église.

On s’étonne parfois de voir à quel point les parents se font bernés par leurs enfants, alors que d’autres qui les connaissent bien voient clair dans leurs motivations. Cela s’explique. Les parents sont souvent sous le filtre des émotions et/ou de l’orgueil. Soit ils gobent tout ce que leur progéniture leur raconte parce qu’ils les aiment et les croient incapables de leur faire du mal, soit ils se doutent que l’enfant n’est pas clair mais ils refusent d’être confrontés à l’échec de leur éducation. L’orgueil les empêche d’accepter l’état de cœur de l’enfant, car c’est accepter leur propre échec. Voilà pourquoi il est si difficile de prendre les bonnes décisions ! Pourtant, Dieu a tout prévu. L’église est là. Mais y a-t-il assez d’humilité pour entendre ce qui concerne notre enfant ? Notre vie familiale doit est accessible pour recevoir de l’aide. Faisons confiance à qui de de droit pour nous montrer le fond du cœur, les motivations cachées.

Pour revenir à l’argile, le jeune enfant a envie d’apprendre. Plus l’argile est mouillée par l’eau (de la Parole), plus elle sera souple entre les mains du potier. Les larmes de la prière, la gestion de la frustration et de l’échec, l’apprentissage du pardon et de la repentance, la formation du caractère de Christ, l’enseignement de la croix et l’action du Saint-Esprit rendent le cœur de l’enfant plus malléable. Tant que le vase n’est pas terminé, le potier garde l’argile sur le tour, bien entre ses mains, sinon elle durcit. De même, il faut avoir l’enfant bien en mains jusqu’à ce que son éducation soit achevée. Dans Jérémie, Dieu n’a pas réussi avec Israël. Alors il a repris son travail avant que l’argile ne sèche, pour avoir le résultat escompté.

N’attendez pas que l’adolescence vienne durcir le cœur de l’enfant. Eduquez-le tant qu’il est souple. Il peut y avoir des ratés. Alors, on repart à zéro, on met plus d’eau pour assouplir l’argile. Ne baissez pas les bras mais persévérez dans la prière jusqu’à avoir la paix concernant vos décisions. Reprenez vos enfants avec plus d’amour mais dans la fermeté, afin que le résultat soit celui que vous attendez : une vie gagnée pour le Seigneur. Veillez particulièrement à ses motivations et éprouvez-les. Si depuis petit, l’enfant sait qu’il ne peut vous mettre dans sa poche ou vous faire avaler des couleuvres, il s’en souviendra adolescent.

Beaucoup de parents perdent leurs enfants à cause des études qui sont un prétexte pour s’éloigner, et parfois depuis jeunes. Il convient d’être très prudent et de voir clair. Mon enfant aime-t-il toujours autant le Seigneur ? Sa prière devrait vous en donner des indices. Sert-il le Seigneur dans l’église, malgré sa jeunesse ? Il y a des chances, plutôt des risques, qu’il ne le fera pas davantage dans une autre église proche de son université, s’il n’est pas à l’œuvre dans l’église locale. Est-ce bon qu’il aille si loin ? Il est possible que ce soit le plan de Dieu ou pas. Il en relève de la responsabilité des parents de trouver ces réponses dans la prière. Bien sûr, l’église peut conseiller et soutenir.

Si votre enfant est déjà un adulte et que le vase est trop dur, il faut prier. On ne parle plus d’éducation là. Il s’agit d’évangélisation. Mettez vos genoux à terre et priez pour leur salut. Si l’argile a été cuite, il est impossible de la récupérer. Ajoutez de l’eau autant que vous voudrez, c’est trop tard. Il faut un miracle. Arrêtez de leur parler de Dieu à tous vents, priez et jeûner. Ne parlez que sur l’ordre du Saint-Esprit.

Que le Seigneur vous guide dans cette période d’orientation spirituelle, scolaire, universitaire ou professionnelle !

Texte inspiré d’un article d’Edouard Kowalski (Trésor quotidien)

Sauver la relation et la langue de Molière

N’ignorons pas les desseins du diable. Déjouons ses plans en s’attachant à la vérité.

En passe de faire bientôt partie de la catégorie des « vieux », je me dois d’écrire sur ce sujet de la relation intergénérationnelle. Car, au fil des cheveux blancs, je vois se profiler un fossé de plus en plus large et profond entre moi et la jeunesse. Je m’explique.

Avez-vous remarqué que les jeunes utilisent de plus en plus d’anglicismes ou de contractions de mots pour s’exprimer ? Mis à part le fait de mettre à mal notre si belle langue française, riche en vocabulaire, en nuances et en syntaxe comme aucune autre – Oui, j’ai mal pour elle ! – voilà que les jeunes se mettent à parler en langage codé, qu’eux seuls comprennent. « J’exagère ! » direz-vous. Peut-être un peu. Il n’en est pas moins vrai qu’il est de plus en plus difficile de les comprendre. Même les institutions s’en mettent et à cœur joie à utiliser des termes le plus souvent informatiques, pour tout et n’importe quoi, tels que cluster, booster, driver, briefer et tant d’autres, alors que les mots français existent ! Quelle misère !

C’est à notre génération de s’adapter ? Soit, alors arrêtons les conversations pour demander :

  • Excuse-moi, ça veut dire quoi « Spaiss » ?
  • C’est « spécial ».
  • Ah ok ! Et « Véner » ?
  • « Enervé »
  • Ah ! Et « slide » ?
  • « Diapo ou diapositive »
  • Et …

Entre nous, Je suis prête à faire tous les efforts du monde pour comprendre et être comprise. Mais, je me pose une question. Si la langue est notre identité – il n’y a qu’à voir la souffrance d’un créole ne maîtrisant que son patois, quand on lui demande de parler français –, cela veut-il dire que les jeunes ont leur identité propre, différente de celle des autres générations ? De tout temps, les jeunes cultivent la différence, tant dans la mode, la musique, que dans le langage.

De mon temps, le verlan faisait fureur, mais en présence des plus âgés, je n’avais que le choix de parler une langue reconnue de tous, celle de mes parents, celle des mes professeurs et même celle des livres, car je trouvais amusant d’apprendre de nouveaux mots aux autres. Parler de manière compréhensible était une question d’éducation, avant tout ! Je n’ose imaginer la réaction de mon père, si je lui avais parlé en « Djeunss ».

Mettons de côté le fait que la culture se perd, que les enfants et les jeunes maîtrisent de moins en moins la langue écrite et même orale, mais n’y a-t-il pas un problème plus grave sous-jacent ? La relation entre générations en prend un sacré coup, je vous le dis ! Les jeunes réalisent-ils qu’ils s’enferment dans leur monde au langage codé ? Bientôt, il faudra inventer un décodeur « Djeunss/Français ». Même les trentenaires s’y mettent, comme pour entrer dans le « moov » et être dans le coup ! Quand les jeunes se regroupent, au milieu d’un groupe plus large, – rien d’étonnant à cela – déjà, nous les vieux, ou futurs vieux, avons du mal à les comprendre, n’en parlons plus à prendre part à la conversation ! Car, la question est bien là ! Tout serait-il fait pour briser la communion fraternelle intergénérationnelle ?

N’oublions pas les desseins du diable, qui est aussi le diviseur ! Ne le voyons-nous pas agir ces derniers temps ? Tout est mis en œuvre pour nous séparer les uns des autres. Bientôt, nous serons dans l’obligation de vivre cloîtrés derrière des écrans. Même en famille, chacun sera isolé, sans câlins ni bisous, espacés d’une longueur de deux bras ! Ne croyez pas que cela date d’aujourd’hui. Cela remonte à bien plus longtemps. Rappelez-vous la mode des constructions où les chambres sont devenues des petits appartements indépendants dotés de toutes les commodités (wc, salle d’eau, télé, console, …). C’était juste pour une question de confort ? Puis celle de l’ordinateur portable, de la téléphonie mobile, de l’Internet, de la domotique ? Encore pour la praticité ? Pas seulement ! Certaines de ces inventions ont du bon, mais toutes nous séparent de plus en plus. La vie plus facile signifie l’isolement, l’absence de liens physiques et affectifs, l’égoïsme ou la non-solidarité, l’égocentrisme et la séparation, inexorablement.

Pour en revenir au langage, je refuse de me sentir étrangère à la vie des mes petits-enfants parce que je ne les comprends plus et qu’un jour je me lasserais de tout faire traduire. Je refuse de ne pas comprendre les jeunes, dont j’ai pris soin enfants, parce que je les aime.

Par pitié aussi pour la langue de Molière et surtout pour leur culture générale, parents, apprenez à vos enfants à s’exprimer correctement, ce qui veut dire de manière à être compris (même en créole si richement imagé) ! Parler plusieurs langues ou patois est une richesse. Et surtout, de grâce, apprenez-leur à avoir du respect pour les plus âgés, en parlant de manière à être compris de tous, dans les circonstances où ils ne sont pas exclusivement entre eux. Ne laissons pas l’ennemi séparer nos générations. Subrepticement, il nous impose de vivre dans l’indépendance et l’isolement. Ouvrons nos yeux et entrons en guerre contre ses sabotages de la relation familiale et sociale. Que le Seigneur nous aide à nous aimer et à prendre soin de notre famille, selon Son cœur et Sa Parole !

Ne laissez pas le voleur dérober !

Le sacrifice pour ses enfants est plus que nécessaire dans ces temps où l’iniquité grandit. Ne laissons pas l’ennemi nous voler !

Les parents se plaignent que les enfants d’aujourd’hui sont plus difficiles que ceux d’autrefois. Jean Cocteau les trouvaient déjà terribles en 1929. Force est de constater que les parents actuels ont du fil à retordre avec leurs bambins. Beaucoup de changements, ces derniers temps, ont participé à rompre le lien familial et à emmener toutes sortes de déviances et de dérèglements psychologiques. La vie moderne absorbe les parents, toujours de plus en plus. Sans y prendre garde le style du monde a pénétré l’église. Beaucoup de chrétiens n’y ont vu que du feu, dans les stratagèmes, mis en place par l’ennemi, pour séparer et diviser. L’objet de la foi chrétienne n’est pas Satan, mais le Christ.


Cependant, la Parole de Dieu nous conseille de ne pas ignorer les desseins du diable – qui signifie « le diviseur »-. Il est aussi appelé le tentateur, le calomniateur et le trompeur. Et pour tromper, il a prouvé ses talents dès l’Origine. Le système de ce monde qui gît sous la puissance du Malin (1 Jean 5.19) a avancé ses pions, doucement, tout doucement, les uns après les autres. Pour exemples – Faut-il en donner ?- : Il est normal aujourd’hui qu’un enfant de 6 ans ait un smartphone. Il est normal qu’il possède ceci ou cela, qu’il fasse ceci ou cela, qu’il parle comme ceci ou cela, agisse comme ceci ou cela. Les parents s’émerveillent parfois des attitudes et des compétences de leur enfant -plus prodige que prodigue-, ne discernant pas que l’ennemi les a piégés, eux et leur progéniture.


Le diviseur a tué les activités en famille, saines, en plein air et dans la bonne humeur. Le travail poursuit maintenant les parents jusque chez eux. Papa travaille et maman aussi le plus souvent. L’épuisement à la tâche l’emporte sur la bienveillance, pour que l’enfant ne manque de rien, dira-t-on. L’enfant passe de la crèche, à l’école, puis au collège, au lycée, et ainsi de suite. Le véritable temps en famille se réduit inexorablement comme une peau de chagrin. Chacun vaque à ses occupations individuelles. Il y a peu ou plus de place pour le « vivre ensemble », terme très à la mode et mis à toutes les sauces. Cela commence déjà dans la maison, voyons !


Tout est fait pour éviter les conflits, pour avoir la « paix » avec chacun. On peut se demander de quelle paix il s’agit. C’est un volcan sous lequel bout un magma qui menace d’exploser et de tout détruire. Quelle misère de voir chacun dans son coin, les yeux, la tête, l’âme et le corps entier dans un écran ! Parents, réagissez ! Reprenez à l’ennemi ce qu’il vous a volé : l’affection profonde entre vous et vos enfants, les rires, les jeux en famille, les disputes et les réconciliations, les moments de qualité mais aussi en quantité et les occasions d’éduquer, de construire le caractère de Jésus en eux. Il y a un prix à payer pour cela : votre vie !


Ne laissez pas ce voleur entrer chez vous et dans la vie de vos enfants. Protégez-les ! Donnez-leur le temps dont ils ont besoin. Aimez-les de l’amour de Dieu ! Instruisez- les sur ce qui est bon agréable et parfait (Romains 12.2). Amenez-les, telles des créatures du Dieu vivant, à Lui plaire. Obéissants, les fils et filles de Dieu nageront à contre-courant dans ce monde et nous serons persécutés pour cela. Mais cela en vaut la peine ! Nous sauverons nos enfants de cette génération perverse (Philippiens 2.15), si nous nous en donnons les moyens.


Si notre ennemi s’appelle le Malin, soyons plus malins que lui. Séparons-nous de ses instruments chronophages, plein d’iniquité et de zizanie ! Abandonnons toute attitude mauvaise et rebelle ! Le Seigneur parle ! Qui L’entend ?

Mon enfant est un menteur !

Un autre sujet qui me tient à cœur est de vous parler de l’imagination des enfants. Nous sommes toujours dans la tranche des 4/5 ans, quand l’enfant devient un être social.

Des difficultés d’endormissement apparaissent, plus élaborées que celles traversées à deux ans. En effet, son intelligence progresse et il parvient, cette fois, à mieux percevoir l’objet de ses peurs au moment de s’endormir. Il imagine des êtres humanoïdes ou des animaux venant lui rendre visite. Selon les enfants, ce peut être un fantôme, un monstre, un ogre, une sorcière ou plutôt un loup, un crocodile, etc. Là encore, les prétentions de toute-puissance auxquelles l’enfant aspire tant dans la journée, sont anéanties lorsque tombe la nuit et qu’il doit se séparer durant huit heures ou plus de ses parents protecteurs. Seul, dans le noir, allongé dans une position qui le fragilise et le rend vulnérable, il prend bien soin de revenir à la réalité : il n’est qu’un enfant, petit et sans force face à son assaillant (inventé de toutes pièces, par ses propres soins).

Votre enfant vous parle d’amis imaginaires, de fantômes sous son lit, s’invente un papa extraordinaire pompier ou pilote, ou raconte de superbes vacances à New-York, alors que vous avez juste pique-niqué au bord d’un étang. Bref, son imagination est débordante.

J’ai une bonne nouvelle pour vous ! C’est tout à fait normal ! Encore une fois, tous les petits passent par cette étape, plus ou moins visible. Tous, ce qui inclus le vôtre ! Sortez de ce carcan légaliste qui fait de lui un menteur et un mythomane. On dit qu’il faut que jeunesse se fasse. Je dis qu’avant cela, il faut qu’enfance se fasse. Certains enfants sont, plus que d’autres, dotés d’une imagination extraordinaire. Ils deviendront sûrement de grands artistes, cuisiniers, architectes, …, et il en faut, n’est-ce pas ?

L’enfant est persuadé que ce qu’il dit est la réalité. Mettre sa sincérité en doute peut occasionner des blessures inutiles. Demandez-lui de vous présenter cet ami incroyable à qui il se confie, le soir venu et présentez-lui le vôtre, Jésus, Celui qui enlève toutes les craintes et chasse tous les ennemis. Priez avec lui pour demander à ce Jésus de l’accompagner dans son sommeil et de le garder des dragons cracheurs de feu.

Riez de ces élucubrations telles que : « Mon papa est président ! » ; « C’est la poupée qui m’a demandé de lui couper les cheveux. » ; « La maîtresse a une fusée dans son jardin ! ». Montrez-lui que vous n’y croyez pas vraiment, sans pour autant mettre sa parole en doute et passez à autre chose. Un jour viendra où tout cela s’arrêtera, lorsque l’enfant sera capable d’affronter ses peurs comme le noir, la solitude, les bruits qu’il n’identifie pas –Isolez votre chambre et soyez discrets !-, et de pouvoir faire face aux changements brutaux comme un déménagement, une nouvelle maîtresse, l’arrivée d’un nouveau-né, un camarade agressif, …

Tout et n’importe quoi peut devenir une source de stress ou d’angoisse et emmener l’enfant à se réfugier dans un monde imaginaire. Identifiez les causes, rassurez et cela passera d’autant plus vite.

Le mensonge récurant pour se mettre en valeur doit vous alerter. Il ment car il manque de confiance en lui, il a besoin d’être rassuré ou qu’on fasse plus attention à lui. Il recherche la fierté dans votre regard. Pensez toujours à l’équilibre de la balance de Roberval : Ne jamais trop pencher d’un côté ou de l’autre, entre félicitations et sanctions !

L’enfant peut également mentir par peur de la punition. Rétablissez une relation de confiance pour qu’il n’ait pas peur de vous avouer ses fautes ou ses erreurs, une fois que vous lui aurez expliqué quelles en sont les conséquences et pourquoi il ne faudra pas recommencer. La sanction ou la correction systématique n’aide pas nos enfants à grandir : c’est la peur de la sanction qui les empêchera de faire une bêtise, et non la recherche de devenir un être agréable, apprécié de tous. Quand la peur de la correction aura disparu, plus tard, préparez-vous à un affrontement insoutenable, une rébellion désastreuse ou à une fuite en dehors du foyer.

Notons une fois pour toutes que contrairement à nous, Dieu aime sans condition. Dieu est Amour, mais il est juste et corrige Ses enfants pour les libérer de leurs mauvais penchants, pour qu’ils deviennent comme Lui et soient un témoignage puissant de Sa grâce.

Encore une fois, si vous avez développé une relation de cœur avec votre enfant, il vous pardonnera si, parfois, votre intervention a été quelque peu démesurée. S’il ressent votre amour et votre souci de son bien-être présent et futur, il accueillera votre autorité, qui est synonyme d’amour pour lui.

À cet âge-là, l’enfant apprend à dessiner. Il sait déjà tracer une boucle fermée sur laquelle il appose deux grosses taches pour les yeux et un trait maladroit pour la bouche. Ainsi, la première ébauche d’un visage humain apparaît sous ses doigts. Au fur et à mesure de son engouement pour le dessin, il va peu à peu représenter graphiquement des formes de plus en plus évoluées pour réaliser, en définitive, un bonhomme complet. L’enfant se représente le corps humain, son corps, celui de l’autre, et donc lui-même en société. C’est aussi par le dessin que cet enfant devient un être social.

Le dessin est un moyen de communication et un excellent exutoire. Encouragez votre enfant à dessiner ce qui lui fait peur. Dessinez vous-même avec lui. Demandez lui aussi de représenter sa famille et tous ceux qu’il côtoie chaque jour et observez, observez, observez bien ses dessins. Si quelque chose vous paraît anormal, alarmant, n’hésitez pas à les montrer à un professionnel. Il vaut mieux lever le doute plutôt que passer à côté d’un futur traumatisme.

Je regardais dernièrement le dessin d’un enfant représentant les membres de sa famille. J’étais émerveillée, car chacun était à sa place : Papa grand, fort, qui protège sa famille ; Maman juste un peu plus petite que papa -Une maman compte beaucoup pour un enfant, il la voit souvent plus grande qu’elle ne l’est vraiment.- ; les enfants rangés en « Dalton » selon leur ordre de naissance, avec des couleurs très significatives concernant le sexe et l’âge de chacun, tous affichant un grand sourire. Le dessin d’une famille unie et HEUREUSE !

Sur certains dessins malheureusement, beaucoup représentent une maman surdimensionnée, à côté d’un papa presque qu’au même plan que les frères et sœurs. Ah la la ! Dans une famille chrétienne, il est bon, essentiel, d’établir ou de rétablir l’ordre que Dieu a institué pour la famille. Allez ! A vos feutres, crayons et  papier !

Inspiré des articles de Harry Ifergan psychologue

A l’école des mamans

Alors, revenons à nos chers petits de 2 à 4 ans.
Freud disait qu’on peut préparer un enfant à son futur métier, en s’y prenant dès la naissance et ce jusqu’à 5 ans, période pendant laquelle l’apprentissage est à son apogée. L’enfant est une extraordinaire machine à apprendre.

Les dernières recherches en neuroscience * ont établi que l’apprentissage a 4 piliers :

1- L’attention. Il faut captiver l’attention de l’enfant pour qu’il apprenne.

2- L’engagement actif. Il apprendra mieux s’il en a envie. On travaille alors sa motivation. On attend le fameux « déclic ».

3- Le retour d’information qui permet à l’enfant de corriger ses erreurs, qui sont toujours positives, car indispensables à l’apprentissage. Les neurosciences démontrent que l’erreur ou l’incertitude sont normales. Elles sont même indispensables. Les punitions face aux erreurs ne font qu’augmenter la peur, le stress et le sentiment d’impuissance inutilement. Les punitions et la méthode autoritaire sont néfastes aux apprentissages. La motivation positive et les encouragements stimulent l’apprentissage. Les meilleurs encouragements résident dans le regard des autres et la conscience de progresser. Attention les félicitations ne sont pas synonymes de récompenses !

4- La consolidation qui passe par la répétition et l’automatisation. Il est essentiel de répéter une connaissance nouvellement acquise :

  • Pour mémoriser une information, notre cerveau a besoin de 3 passages au minimum.
  • Pour intégrer une nouvelle habitude, il a besoin de 21 jours.

Il est nécessaire de distribuer l’apprentissage tous les jours ! Après une période d’apprentissage, une période de sommeil, même courte, améliore la mémoire, la généralisation, la découverte de régularités. L’amélioration du sommeil peut être une intervention très efficace pour remédier à des troubles de l’apprentissage. 

Tout ceci pour vous dire, chères mamans, qu’un enfant apprend lorsque ces 4 piliers sont réunis. Une phase est particulièrement énergivore, celle de la répétition. L’enfant peut vous demander le même jeu 10 fois de suite, ou réclamer la même histoire. Il peut également répéter tout ce que vous dites et en plusieurs fois. Non, ce n’est pas de l’insolence ! Toutes ces « manies » ne sont en fait que de la consolidation. Il apprend de la même manière que vous, lorsque vous lisez à haute voix une phrase écrite dans une langue étrangère. Vous entendre fixe vos connaissances.

Encore une fois, c’est un stade de développement incontournable. Il faut vous y faire ! Donc, patience, patience !

Je le répète, vous pouvez être les meilleurs parents qui soient, votre enfant passera par ce stade de développement. Il s’agit rarement, de péché, de désobéissance volontaire, à soustraire à coups de brimades ou de châtiment corporel. Rappelez-vous ceci : Le bâton, ce n’est pas automatique. Il faut instruire, exercer pour améliorer les compétences et les attitudes et constamment motiver et féliciter. Votre réaction est essentielle et doit être adaptée à la motivation de ses actions, c.-à-d., à l’état de son cœur.

Soyez conscientes que votre enfant répète pour apprendre, fait des bêtises parce qu’il explore des choses nouvelles, et par conséquent n’est pas forcément en train de vous désobéir sciemment. Seul l’Esprit de Dieu peut vous témoigner de sa motivation. N’oubliez pas que la recherche de sécurité affective passe par la confrontation. Résister à l’enfant quand il le faut est pour lui une preuve d’amour. Il faut fermement afficher votre désaccord et susciter les occasions et les encouragements pour qu’il améliore ses attitudes et ses connaissances.

C’est aussi durant cette période que l’enfant fait des « gaffes », n’étant pas encore capable d’adapter son discours à son interlocuteur. Il parlera avec la même désinvolture à son frère et à votre patron. Il ne discernera pas ce qui se dit et ce qui ne se dit pas. C’est un apprentissage qui demande du temps et c’est à vous de lui apprendre. Il n’a par ailleurs aucune conscience du danger environnant.

Quand Jésus disait qu’il aimait les petits enfants, il faisait sûrement allusion à leur grande sincérité et à leur spontanéité. Ils réfléchissent à haute voix et s’expriment sans filtre, ce qui peut occasionner certaines situations embarrassantes. Un petit garçon dit un jour à la 2e épouse d’un oncle veuf et remarié depuis peu : « Ah, mais tu es vivante, alors. On m’avait dit que tu étais morte ! » Voilà un exemple de propos spontané empli de spontanéité et d’empathie. C’est très gênant, en effet, mais cela mérite-t-il une punition ? Certainement pas !

Entre 4 et 6 ans, le psychologue Harry Ifergan nous apprend que l’enfant se confronte de plus en plus au monde extérieur. L’enfant prend conscience du rôle respectif de ses deux parents, dans sa vie de tous les jours, et du même coup il interroge ses origines, le mystère de sa naissance et donc la différence des sexes. Il ressent alors comme légitime son attachement privilégié à sa mère. Son père a dès lors pour charge d’élargir ce lien afin que l’enfant puisse s’intéresser au monde qui l’entoure. En plus d’être un élément d’ouverture dans le couple mère-enfant, le père peut être perçu comme un rival mais aussi un modèle de référence et une source nouvelle d’affection. L’enfant doit apprendre à reconnaître son autorité et l’accepter pour pouvoir construire en lui une instance morale. C’est cette instance qui lui permettra de régler ses comportements en leur donnant des formes qui soient acceptables pour la société.

C’est la période où l’enfant veut être comme ses parents qu’il trouve puissants, beaux, grands et forts. Il a, à ce moment, une énergie presque illimitée pour acquérir de nouvelles informations et de nouvelles compétences dans ses liens sociaux. Il est davantage sensible à la réussite qu’à l’échec et entreprend de nombreuses activités pour le plaisir d’agir.

A cet âge, l’enfant se confronte de plus en plus au monde extérieur. C’est à ce moment qu’il commence sa scolarité. Il découvre alors d’autres styles d’autorités, d’autres règles et d’autres exigences que ce qu’il connaissait jusqu’alors dans son milieu familial. Il doit apprendre à trouver sa place parmi les enfants de son âge dans des organisations groupales beaucoup plus grandes et souvent assez différentes de celles qu’il a déjà connues. L’adaptation à de nouvelles normes est au premier plan.

En conclusion, attachez-vous à apprendre à votre enfant le respect des personnes et des biens, avec persévérance et avec le cœur de Dieu. L’enfant le reproduira plus facilement ailleurs. Instruisez-le dans les voies du Seigneur, notamment à pratiquer la grâce et le pardon. Soyez des modèles de soumission, vous-mêmes étant une enfant du Père et une épouse soumise et vous lui transmettrez, presque sans paroles, les bonnes attitudes. Que votre enfant puisse témoigner, même s’il n’a pas les mots, de votre transformation due à l’œuvre de Dieu en vous ! N’oubliez pas que la motivation est votre alliée ! Que vous puissiez donner envie à votre enfant de connaître ce Dieu si merveilleux !

*Stanislas Dehaene, psychologue cognitif, neuroscientifique

« Non, non et NON ! »

Qui n’a pas réagi avec consternation devant ces enfants qui répètent sans arrêt « NON ! » ? Pour peu qu’on soit directement concernée, comme la maman, l’exaspération gagne du terrain. « Mais qu’ai-je fait pour avoir un enfant aussi désobéissant ? »

Il m’est arrivé de constater que la première réaction des parents et de s’opposer de manière radicale à cette série de « NON ! » qui apparaît tout d’un coup sans raison aucune, mais bouleverse tellement toute la famille. Pour peu que les parents éprouvent de la honte, la gestion des crises devient problématique, chacun allant de son sentiment d’impuissance ou, à contrario, de son esprit combatif, bien décidé à « mater » le petit rebelle.

Dieu et tous les professionnels de l’éducation s’accordent pour dire qu’il est vital de discipliner un enfant. Entre nous, a-t-on le choix de ne pas s’accorder avec Dieu ? Ne prenez pas ce risque. Disciplinez votre enfant. Il en va de son devenir de chrétien et de citoyen.

Sachez qu’un enfant, au tout début de sa vie, se considère comme une partie de sa maman. A partir de 18 mois, il prend conscience de son unicité et entre dans une phase d’opposition qui va durer jusqu’à ses 3 ou 4 ans. Cette phase d’opposition est caractérisée principalement par ce fameux « Non ! ».  Une bonne partie des « non » sont des tentatives de se démarquer des désirs de ses parents. Cela reviendrait pour lui à dire à l’adulte qui l’a en charge : « Toi, c’est toi et moi, c’est moi ! », une manière comme une autre d’affirmer qu’il existe à part entière et se distingue bien mentalement de ses parents. Il se construit ainsi sa personnalité et son autonomie. A cela s’ajoutent les angoisses, les cauchemars et peurs de toutes sortes. L’enfant se sent unique, mais aussi très fragile. Il n’est pas capable à cet âge de gérer ses émotions, avant 3 ou 4 ans. Cela demande de l’entraînement et de la maturité. Le progrès est donc possible. L’obstination, le refus de partager et l’égocentrisme sont le quotidien des enfants de cet âge. Leur vie ressemble à un puzzle, et inconsciemment, ils essaient de rassembler les morceaux. C’est une phase délicate et particulièrement épuisante pour les parents. On a tendance à accepter sans mal qu’un bébé pleure à gorge déployée, mais dans le cas d’un enfant qui se tient sur ses deux pieds, cela est jugé comme un caprice ou un manquement à l’éducation. On juge souvent l’enfant et/ou les parents. Le manque d’éducation existe, mais je ne parle pas ici de parents qui ne prennent pas leur responsabilité.

Tous les enfants passent par cette étape d’individuation. A tout moraliser ou dramatiser, les parents, notamment les chrétiens, cherchent des solutions pour faire cesser, les « Non ! », les cris et les crises. C’est légitime. Sachez que cette phase est normale, qu’il ne s’agit en aucun cas d’une défaillance de votre éducation. Quoi que vous fassiez, elle aura lieu. C’est immuable ! Cela revient t-il à dire qu’il n’y a rien à faire ? Non, ne tombons pas dans le laxisme, non plus ! Si Dieu demande de prendre son enfant en main, il faut le faire.

La Bible nous enseigne : « Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre; Et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas. » (Proverbes 22/6) ou encore « Et vous, pères, n’irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur. » (Éphésiens 6/4)

Alors, comment faire ? Tout d’abord « corriger » signifie « ramener à la règle ou supprimer les erreurs ». Un autre sens est celui d’infliger un châtiment corporel à l’enfant.

« La verge et la correction donnent la sagesse, Mais l’enfant livré à lui-même fait honte à sa mère. » dit Proverbes 29/15.

Bien entendu, il n’est nullement question de battre un enfant, mais d’une manière ou d’une autre, il doit savoir qu’il y a une autorité sur sa vie et l’apprentissage de la soumission est plus que vitale pour toute sa vie d’adulte. Chaque enfant est unique, mais toutes les phases de développement sont identiques. Chaque phase demande une gestion et un soin appropriés.

Premièrement, débarrassez-vous de la peur d’être taxés de mauvais parents. On ne devient pas parents à la naissance d’un enfant. On devient parent en apprenant. Apprenez à désamorcer les bombes, à ne pas jeter d’huile sur le feu, en braquant votre enfant par un autoritarisme violent et irrespectueux, dans l’humiliation. L’autorité ne se mesure pas aux décibels de la voix. Bien au contraire ! A mal interpréter les écritures, les parents ont cru que le bâton, la spatule ou tout autre instrument était la solution ultime et unique à tous les débordements. Le temps leur a montré que ce n’était pas la solution miracle. Sans le cœur d’amour de Jésus, le résultat sera même contraire à l’effet escompté. L’enfant irrité peut se raidir davantage, nourrir de la haine et préparer précocement son départ du foyer, à un âge plus avancé. Évitez à tout prix le rapport de forces extrême, mais si vous vous retrouvez dans cette impasse, ne lâchez pas. Cependant, cela doit demeurer exceptionnel. Tous les adultes le confirmeront : ils se rappellent de quelque confrontation douloureuse qui leur a fait du bien et ils ont appris à ne jamais recommencer l’inacceptable.

Cherchez le cœur de Dieu pour votre enfant. Priez, jeûnez, pour avoir la sagesse, la patience – Il en faut beaucoup. – et surtout, apprenez des autres. Acceptez d’être dépouillée de votre loi et dureté de cœur ou au contraire d’émotions débordantes qui vous paralysent. Criez à Dieu jusqu’à ce qu’Il vous réponde. Organisez votre vie pour ne pas être au bord de l’épuisement quand vient le moment de prendre soin de votre enfant. Si cela est possible, mettez votre vie professionnelle entre parenthèses, afin d’être totalement disponible, du moins tant que l’enfant est petit. Toutes les mamans vous le diront : C’est quand  elles sont malades que l’enfant  est plus difficile. L’explication est qu’il ressent que vous n’êtes pas aussi disponible et cela crée chez lui de l’insécurité. C’est un cercle vicieux dont il faut sortir : fatigue extrême = enfant pénible = épuisement.

Avoir le cœur de Dieu pour votre enfant est le défi à relever. Il sera plus abordable si avant la naissance, vous avez appris à donner votre vie pour votre mari et pour les autres. Dieu se charge de nous apprendre à aimer de la bonne manière, sans condition. Apprendre, bien avant la naissance d’un enfant, prépare à aimer quand cela devient difficile ou que l’autre n’est pas agréable. Certains enfants sont particulièrement difficiles, n’hésitez pas à chercher de l’aide. Parfois, ce sont les problèmes de couple qui rendent l’enfant instable. Un enfant difficile est souvent un enfant malheureux, s’il n’est pas atteint de troubles du comportement. L’aide d’un professionnel n’est pas à exclure, notamment pour identifier la cause d’un caractère irascible.

Face aux « Non ! » irréductibles et aux crises, permettez à votre enfant de s’améliorer. Félicitez-le quand cela se passe bien. L’éducation a pour piliers le compliment et la réprimande. Veillez à ne pas trop pencher d’un côté ou de l’autre ! Apprenez à votre enfant qu’il a le droit de pleurer, mais qu’il n’est pas utile de hurler. Toutes sortes de solutions existent pour ramener un enfant au calme, à la raison et à l’obéissance. A vous d’être inspirée pour trouver celle qui convient parmi une palette diversifiée de réactions. Je dis « inspirée », car toutes sortes de conseils contraires à la Parole de Dieu pullulent également. Discernez ! Et tous les enfants de la même fratrie ne sont pas identiques. Ce qui fonctionne avec l’un peut se révéler complètement inefficace avec l’autre.

Il convient de rester calme et d’évoluer dans un environnement d’amour, de confiance et d’apaisement. N’oubliez pas que tout se termine toujours par un gros câlin. N’acceptez pas la bouderie, mais apprenez-lui plutôt à gérer ses frustrations. Cela fait partie de l’exercice de la foi : s’attendre au Seigneur pour ce qu’on ne peut avoir dans l’immédiat. Priez avec Lui pour l’aider à dissiper la tension. L’obéissance seule ne garantit pas un bon état de cœur. Surtout, assurez-vous que l’enfant a compris, qu’il a accepté votre autorité et votre décision, qui seront toujours pour son bien et parce que vous l’aimez. Trouvez son cœur pour ressentir qu’il s’humilie et accepte votre soin et votre amour dans la correction. 

Seul l’amour portera des fruits durables. N’exigez pas l’obéissance à cause de votre orgueil blessé ou avec la menace d’une malédiction d’un Dieu mécontent de ses méfaits. Exprimez-lui votre affection et sachez que la discipline rassure l’enfant. C’est comme si vous lui disiez « Je t’aime tellement que je ne peux pas te laisser faire tout ce que tu veux et devenir quelqu’un de désagréable que personne ne voudra aimer ! ». Et l’enfant vous en sera reconnaissant.

Et à 4 ans, il passera à une autre étape, qui demandera d’autres attentions. On en parlera une autre fois.

L’éducation sexuelle, un tabou ?

Enseigner pour éduquer mais aussi protéger !

Souvent, les parents chrétiens ont peur de parler de sexualité à leurs enfants, car c’est d’abord un sujet qui n’a jamais été abordé avec leurs propres parents, et surtout, ils ne savent s’il faut le faire et comment en parler, quoi dire et à quel âge …

La société du 21e siècle, dans laquelle nous vivons, crée un cadre très agressif, en ce qui concerne le péché auquel les enfants font face. Réalisez le nombre d’heures dans une journée où les enfants sont en dehors du contrôle bienveillant de leurs parents ! Le péché grandit dans ce monde et est à la portée de tous les âges, notamment par l’invasion des nouvelles technologies.

Il est à parier que si les parents n’éduquent pas leurs enfants, ne les avertissent pas et ne les préparent pas à faire face à certaines agressions morales, psychologiques et même physiques, le monde s’en chargera et de la mauvaise manière, en réveillant les convoitises précocement et en déformant ce que Dieu a créé. C’est l’œuvre incessante de l’ennemi de renverser ce que Dieu a institué. Et, cela se confirme également en ce qui concerne la sexualité, qui est bonne, dans le cadre du mariage uniquement, entre époux qui s’aiment. Le monde d’aujourd’hui est loin de cette institution et les enfants doivent être préparés et équipés à rejeter ce qui vient du monde. La règle demeure : pas de sexualité avant le mariage ! Mais, les questions viendront très tôt, surtout si les enfants entendent tout et son contraire, notamment à l’école.

Je ne pourrai pas dans un article aller en profondeur, quant à la manière de s’y prendre et détailler ce qu’il faut dire, selon l’âge des enfants. Mais la première précaution à prendre est de les enseigner que la plupart des adultes qu’ils rencontreront, y compris dans l’église, sont bienveillants, mais qu’il arrive que certains ne le sont pas, car ils sont malades et peuvent leur faire du mal, leur demander ou leur faire des choses que les adultes n’ont pas à faire avec des enfants : vouloir les voir tout nus, les caresser, … Que si des adultes, ou d’autres enfants, faisaient ça, ce n’était pas du tout, du tout, normal.   Il faut leur enseigner qu’il faut fermement rejeter tout ce qui les met mal à l’aise ou leur fait mal (des câlins trop étouffants, des caresses malsaines, …) venant de n’importe qui, en criant s’il le faut. C’est dans ce genre de situations que les cris sont tolérés. Souvenez-vous de l’histoire de Pierre et le loup ! Apprenez à vos enfants que les cris sont exceptionnels, pour exprimer une joie intense, pour appeler au secours, pour avertir d’un danger, … Sinon, comment les croira-ton, dans un danger réel, s’ils braillent du matin au soir pour n’importe quel motif ?

Apprenez à vos enfants que lorsque quelqu’un leur dit : « C’est un secret, n’en parle à personne ! », que ce n’est pas normal et que justement il faut en parler, tout de suite, à la maîtresse, à la famille, à papa, à maman. Personne n’a le droit d’user de leur corps, PERSONNE, même si c’est quelqu’un qu’ils aiment beaucoup.

« Nous ne pouvons pas laisser nos enfants vivre et grandir sous cloche. De même qu’il ne faut pas à tout prix leur cacher l’existence de la mort ni de la souffrance, il ne faut pas non plus leur masquer l’existence de la violence physique ou sexuelle. Simplement, nous avons à adapter notre discours à leurs capacités de compréhension et d’affrontement. »  Christophe André, psychologue

Il est évident que les parents feront tout ce qui en leur pouvoir pour préserver leurs enfants de toute agression, néanmoins, certains peuvent être naïfs et par manque de prudence ou de discernement, confronter leurs enfants à des agresseurs potentiels. Dans le monde du travail, il est exigé aujourd’hui, qu’un enfant ne soit jamais seul avec un adulte. Cette règle est peut-être la solution dans le cadre de la famille et de l’église, également. N’oublions pas que la majorité des agressions d’enfants ont lieu dans le cadre familial, hélas !

Parents, ayez, construisez une relation proche avec vos enfants, ce qui favorisera le dialogue. Qu’ils n’aient pas peur de vous parler de sexualité et de vous questionner ! S’ils vous sentent gênés ou vous voient toujours esquiver leur curiosité, ils cesseront de vous en parler et iront chercher les réponses ailleurs. Discernez ce qui est bon de dire et à quel âge. La maman sera plus à même de parler à ses filles, tandis que le papa s’occupera davantage des garçons, mais ce n’est pas une règle absolue. Soyez toujours à l’écoute et discernez tout changement brutal de comportement qui dénoterait un problème, un traumatisme chez l’enfant.

Priez avec vos enfants, chaque matin, avant qu’ils se retrouvent dans la « jungle », pour de nombreuses heures ! A leur retour, prenez le temps de vous intéresser à leur vécu intérieur, leur ressenti, leurs états de cœur, plutôt ou plus qu’à leurs performances académiques ou sportives. Nourrissez une relation de confiance mutuelle. Par-dessus tout, préparez-les à faire face à l’objectif de ce monde qui est de les emmener à perdre leur âme. Préparez-les à se préserver pour accomplir la volonté de Dieu, principale source de bonheur du chrétien. Lisez la Bible avec eux, cette Parole vivante, qui est agissante et nourrit le cœur et l’âme.

Je fais rarement de publicité, mais je fais une exception pour un livre remarquable qui traite de l’éducation sexuelle : « Amour et sexualité, parlez-en tôt pour protéger vos enfants » du Professeur Henri Joyeux. Bonne lecture !

L’indépendance au galop

L’indépendance, ennemie du lien familial ?

Signe caractéristique de notre temps, l’indépendance gagne l’être humain de plus en plus et maleureusement dès son plus jeune âge. Autrefois, la maison ne comportait qu’une seule salle de bains et qu’un seul WC, et souvent, les deux dans la même pièce. Il en résultait une organisation quasi militaire, pour que chacun puisse avoir le temps de se laver et partir à l’heure. C’était un sujet de conflits qu’il fallait parfois régler à coup de conseils de famille. Qui n’a pas connu ces épisodes de gastroentérite où chacun tambourinait à la porte pour réclamer son tour ?

De nos jours, on construit des maisons qui répondent à une nouvelle formule de vie familiale. Qu’y trouve-t-on ? Exigence première : l’indispensable suite parentale, une chambre à coucher, attenante à une salle de bains et pourvue d’un dressing le plus vaste possible. La deuxième, voire troisième, salle d’eau est alors réservée aux enfants et aux invités.

Mais, de plus en plus, on voit apparaître des suites enfantines. Chaque adulte miniature – Je pousse un peu le bouchon, exprès. – dispose alors de sa salle d’eau privative, de sa vaste chambre avec coin télé-vidéo-ordinateur-console-internet – Une maison dans la maison quoi ! – et accessoirement un bureau pour les devoirs – Qu’il doit être dur de se mettre au travail, dans une chambre pareille ! – Le résultat est que, de plus en plus, les membres de la famille vivent sous le même toit, chacun dans son espace privé. On ne sort de sa chambre que pour manger, portable ou tablette en main, pour ne rien rater. Parfois, même, le repas n’est plus un moment de rencontre, quand chacun mange quand il en a envie, à toute heure du jour et même de la nuit. – Pas très bon pour la santé, tout ça ! –

Il est une pièce qui s’appelle la pièce à vivre, de plus en plus désertée de nos jours, ce qui fait qu’elle devient mal nommée. C’est bien dans cette pièce que l’on doit se retrouver, tous ensemble à partager, à rire, à jouer, à recevoir des invités, … Les enfants sont bienvenus pour les temps de loisirs, à s’amuser, avec les parents ou sous leur regard. Ce qui n’est pas incompatible avec des temps plus solitaires – pour prier, téléphoner, … -. Le respect de l’intimité est néanmoins présent, soumise à l’appréciation intelligente des parents.

Les enfants et adolescents, – Parfois même les parents, hélas ! – semblent ne pas savoir qu’il existe une touche pause sur chaque jeu pour leur permettre de répondre quand on leur parle. Les parents sous la pression  – Hum, de qui ? – fournissent aux enfants un téléphone – AYAYAYE ! -, pour leur sécurité pensent-ils, sans réaliser que c’est les ouvrir sur des choses qu’ils n’ont pas appris à gérer, – A chaque âge, sa mesure de maturité !  – .

Tout est fait pour que chacun vive sa vie, n’ayant pas ou très peu de compte à rendre. La vie de famille est alors anéantie par cette indépendance. On ne se parle pratiquement plus, on rentre, on sort, chacun vaquant à ses occupations. Les relations parents/enfants souffrent alors de cette course journalière où chacun regagne sa tanière, une fois rentré. Il arrive alors que par manque de proximité, les enfants ne ressentent plus l’autorité, le regard, le soin spirituel des parents qui, eux-mêmes emportés par le courant, ne sentent pas que leurs enfants deviennent de véritables étrangers sous leurs yeux, au fil des années.

Mais, nous enfants de Dieu, engagés par le baptême à vivre pour le Seigneur (Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. Romains 6:4), appelés à être renouvelés dans nos pensées (Si, conformément à la vérité qui est en Jésus, c’est en lui que vous avez été instruits à vous dépouiller … à être renouvelés dans l’esprit de votre intelligence, et à revêtir l’homme nouveau. Ephésiens 4 :21-24) et engendrés dans l’Evangile (Il nous a engendrés selon sa volonté, par la parole de vérité. Jacques 1:18), pouvons-nous laisser cette indépendance gagner nos demeures ?

Prenons garde que l’esprit de ce siècle nous égare et qu’au nom de la facilité, de notre confort et de celui de nos enfants, nous ouvrons la porte à toutes sortes de dérèglements conséquents. La catastrophe guette ceux qui font fi de la vie selon l’Esprit de l’Evangile. Que dit Dieu à propos du mari, du père, de l’épouse, de la mère et des enfants ? Si nous voulons une famille unie, témoignage de la puissance du message de la croix, cherchons à accomplir la volonté de Dieu dans notre propre maison. En cela, c’est certain, nous nous retrouverons à contre-courant de ce monde qui ne connaît plus la signification du mot « soumission ». Ne donnons pas à nos enfants des outils pour qu’ils deviennent indépendants vis-à-vis de nous – ou dépendants, complètement « accros » aux écrans – dès leur jeune âge. Instruisons-les sur les dangers de ce que ce monde propose pour les perdre. Gardons-les proches de nous, avec un soin constant, une relation de cœur, remplie d’amour dans la discipline. Donnons-leur le temps qui leur est dû, pour prendre soin d’eux selon le cœur de Dieu.

Les nouvelles technologies, les écrans divers, les réseaux – sociaux ? Ah oui vraiment ? – tous nos biens et notre argent doivent servir à glorifier Dieu, et non pas à construire notre propre royaume terrestre, éphémère et sans valeur. Si nous n’en sommes pas convaincus, nous y ferons face, lorsque nous nous retrouverons devant Dieu, à la fin de notre course. Nous n’emporterons rien avec nous, nos enfants et petits-enfants et arrière-petits enfants non plus ! Il y a tellement à faire pour l’avancement du royaume, ne perdons pas notre temps dans le futile, mais travaillons à notre salut, à notre service et à celui de nos enfants.