
Quand un tout petit rien révèle beaucoup !
Un jour, je fus invitée à prendre le thé chez une sœur en Christ. Il y avait là, beaucoup de monde, devant un buffet bien garni. On pouvait s’attarder dans des petits groupes discutant de ceci ou de cela. D’autres s’amusaient telles des enfants à s’asperger dans la piscine. Un moment, chacune fut appelée à venir écouter ce que la maîtresse de maison avait à dire. Je me tenais alors appuyée contre un canapé, lorsque ma voisine me fit remarquer discrètement que j’avais des chaussures dépareillées. Pendant un instant, je fus décontenancée, me demandant comment cela avait pu se produire et surtout comment je n’avais rien remarqué. Je me rappelais alors que, dans ma précipitation du matin, j’avais enfilé mes chaussures, qui étaient toutes alignées. J’avais donc deux paires de mules noires et marine, l’une à côté de l’autre, mais les côtés s’étaient mélangés. Les talons étant exactement de la même hauteur, je n’avais pas senti la différence.
J’étais chaussée ainsi depuis tôt le matin ! J’avais accompagné mon fils, qui lui aussi n’avait rien remarqué, dans plusieurs entreprises, durant toute la matinée à la recherche d’un stage de validation pour son brevet de technicien. Nous avions déjeuné en ville, puis je l’ai ramené à la maison.
En début d’après-midi, je prenais la route pour répondre à l’invitation de cette sœur. A ce moment-là, je pensais que si certaines personnes s’étaient aperçues de cela, depuis le matin, j’avais du passer pour une folle. Nous avons parfois des conclusions stupides.
Pendant que mon amie commençait à s’esclaffer à mes côtés, je fus saisie d’une gêne indescriptible au point de cacher mes pieds sous le canapé. C’était terrible de ressentir cette honte et de vouloir à tout prix éviter que cela se sache. Pendant une fraction de seconde, je fus tentée de m’éclipser et de fuir le plus discrètement possible. C’était sans compter sur l’agitation de ma voisine qui, maintenant riait de bon cœur, attirant tous les regards de notre côté. Au questionnement de tous, elle finit par donner la raison de son fou rire. Je dus avouer que, pour ma part, je riais jaune. Je m’en voulais terriblement d’avoir commis pareille étourderie. Moi, si organisée généralement ! En réalité, j’étais blessée dans mon orgueil d’être le sujet d’hilarité de tous.
Quelques jours plus tard, je repensais à ma déconvenue, réalisant à quel point, j’étais mal à l’aise, finalement pour si peu de choses. Je me posais alors cette question : Mais pourquoi avoir honte, comme si j’étais infaillible ? Je réalisais alors, une fois de plus, que ce sentiment désagréable venait d’un orgueil encore bien vivant.
Pour aller plus loin, j’imaginais que si l’état de mon cœur pouvait se voir, entaché par l’iniquité que je transporte dans ma vieille nature, l’opprobre serait immense. Là, j’aurais vraiment l’occasion d’être couverte de honte. Mais, l’amour du Seigneur rassure toujours. Il sait tellement nous redonner la foi, quand nous nous condamnons.
Le Seigneur sait nous corriger dans la discrétion, par cette petite voix, celle de Son Esprit, qui chuchote à notre cœur. Il ne veut pas nous exposer publiquement, mais Il peut le faire, si nous résistons, si nous nous endurcissons et refusons de nous incliner devant Ses instructions. A celui qui refuse de prendre sa croix pour crucifier sa chair et ses désirs, l’avenir promet de terribles conséquences.
Il est bon ton de dire que Dieu est amour, mais Il est aussi justice. Il vaut mieux s’humilier lorsqu’Il nous parle, plutôt que passer par l’humiliation et la douleur, résultats de notre propre désobéissance.
Hébreux 4.13 nous dit ceci : « Nulle créature n’est cachée devant lui, mais tout est à nu et à découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte. »
Ne fuyons pas devant la vérité, car elle a le pouvoir de nous libérer, parfois dans la souffrance mais salvatrice. N’oublions pas le but ultime de Romains 8.28 et surtout 29. Nous sommes appelés à Lui ressembler et cela se passe au travers de tout ce qui se passe et qui concourt à notre bien.
Beaucoup de circonstances sont également là pour nous faire découvrir le cœur de nos frères et sœurs qui nous entourent. Non pas qu’il faille exposer sa vie à tous, mais Dieu a placé des personnes bienveillantes comme des sentinelles sur notre vie. Les serviteurs de Dieu sont là pour prendre soin des brebis que Dieu leur confie. Si ce n’est pas le cas dans votre église, fuyez !
Trouvons ces frères et sœurs qui peuvent nous aider, nous instruire et nous conseiller. Bien entendu, cela demande de nous l’humilité pour chercher de l’aide et de la soumission pour obéir aux directives de Dieu, qui viennent parfois au travers des autres. Ne nous suffisons pas d’entendre que de Dieu, au travers de la prière ou de la lecture biblique, car notre croissance sera minime. La famille de Dieu est un lieu de richesse extraordinaire pour grandir. Reconnaissons Son onction sur ceux qui sont là pour nous aider, en nous parlant dans la vérité et avec grâce.
Quant aux autres, les faibles, les critiqueurs (Eh oui, il y en a dans les églises !), ils sont une occasion pour nous de grandir. Nous apprenons ainsi à supporter l’injustice et à pratiquer le pardon.
Je vous le dis, encore une fois, « Toutes choses concourent à notre bien ». Romains 8.28.