
Eau de vie et eau de la vie, c’est pareil, non ?
Un jour, mes parents reçurent un colis de la part d’amis de l’Hexagone (avant, on disait métropole, mais c’était avant !). Petite créole de huit ans, j’étais toute excitée devant ce gros carton mystérieux. On en sortit des boîtes de conserve avec des mots que je ne connaissais pas : « galantine, terroir, foie gras, … » et une belle bouteille, comme celles alignés sur les étagères du pharmacien, avec un bouchon ressemblant au toit des mosquées. La bouteille était de couleur verte, translucide et je pouvais voir, baignant dans un liquide marron, des fruits ronds à l’intérieur.
A cette époque, mon dessert préféré était la macédoine de fruits au sirop, produit rare à La Réunion, en ce temps. Ces fruits ne poussaient pas dans mon île tropicale et je rêvais d’en manger un jour, pour de vrai et non plus en conserve. Cette bouteille était vraiment très belle. Ma mère lut à haute voix « Cerises à l’eau de vie ». J’en avais déjà l’eau à la bouche, sans faire de jeu de mots. Pour une raison que je ne saisis pas, elle la rangea dans un meuble contenant tous les alcools. Ce meuble ne s’ouvrait que pour les invités. J’en déduis alors, que ces cerises devaient être si délicieuses que ma mère voulait les garder pour une occasion spéciale. Voilà pourquoi elle les rangeait si précieusement !
Petite fille plutôt obéissante, je résistais des jours et des jours à la tentation d’ouvrir cette magnifique bouteille. Mais un jour, n’y tenant plus, je résolus de goûter aux fameuses cerises. J’en pris deux ou trois, en cachette. Cela ne ressemblait pas du tout aux cerises rouge clair au sirop ! Cette saveur me surprit au premier abord, mais, finalement, je trouvais cela bon. Très bon, même, au point que je me mis à en prendre pratiquement chaque soir en rentrant de l’école.
Ma mère, au bout d’un moment, commença à s’inquiéter de me voir endormie, épuisée, tous les soirs vers 17h, transpirant à grosses gouttes, sans avoir de fièvre. Ce que j’ignorais, c’était que les cerises étaient alcoolisées. Pour moi, « eau de vie » signifiait que c’était de l’eau, rien d’autre ! Je pensais qu’on avait ajouté « de vie » pour enjoliver la chose, comme si ces cerises étaient si bonnes qu’elles « donnaient » la vie, la joie, la gaieté. Interprétation enfantine lourde de conséquences ! La ration de cerises quotidienne avait suffi à me soûler et sûrement à même me rendre « accro ». Ma mère s’aperçut également que le niveau de la bouteille baissait anormalement et j’ai dû avouer mes vols honteux. A ma grande surprise, mes parents se mirent à rire quand je leur expliquais ce que je comprenais par « eau de vie ».
Avez-vous entendu Jésus parler de « l’eau de la vie » ?
Dans l’Apocalypse 21:6, Jésus dit : « Je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. A celui qui a soif je donnerai de la source de l’eau de la vie, gratuitement. » Ce verset me ramène toujours au souvenir de cette bouteille de cerises. « Quelle belle supercherie ! » Ai-je pensé. Cela ne donne pas la vie du tout, bien au contraire, cela me rendait malade. Quelle idée d’appeler de l’alcool « eau de vie ». Aujourd’hui, je goûte à cette « eau » que notre Seigneur nous propose, et je peux témoigner qu’elle donne vraiment la Vie, celle qui nous guide chaque jour, nous console, nous réconforte, nous illumine et nous accompagnera jusque dans la vie éternelle. La vie de Dieu en nous est le cadeau le plus précieux qu’on puisse avoir sur cette terre et on peut la consommer sans modération.
Tout ceci m’emmène à cela :
Chers parents, avant de parler, de juger, de gronder, prenez le temps d’ÉCOUTER. Ayez toujours la scène d’un tribunal à l’esprit. Chacun a le droit de parler pour sa défense, vient ensuite le jugement.
Donnez à l’enfant le temps qui lui est nécessaire pour se défendre, expliquer, se justifier et finir par avouer. Ne vous arrêtez pas seulement aux conséquences, mais discernez l’état de cœur : Regrette t-il lorsque vous lui montrez les conséquences ? Accepte t-il la correction (qui signifie action de rectifier et pas seulement châtiment corporel) ? Se repent-il sincèrement ? …
Encouragez la vérité, le courage d’avouer, la rapidité à se repentir sincèrement et à demander pardon à quelqu’un si besoin ! Et, n’oubliez pas que « Faute avouée est à demi pardonnée ». Attention, DEMI ! Toute faute doit avoir ses conséquences ! Apprenez-le très tôt à vos enfants, sinon la vie s’en chargera avec beaucoup plus de douleur. Ajustez la sanction à la gravité de la faute. Soyez également attentifs à la durée de la punition, si punition il y a. Quinze jours, c’est une éternité pour un enfant de 5 ans. Quand à la sanction elle-même (châtiment corporel, punition de dessert ou de sortie, corvée supplémentaire, …), c’est à vous de voir ! Et, on termine tout cela avec de gros câlins, devant les regrets et le repentir sincère.
La colère, la rancune et les reproches récurrents ne font pas partie des châtiments. Imaginez-vous Dieu revenant sur toutes nos fautes passées, à chaque fois que nous faillissons ? Imaginons-Le nous boudant Son affection ou Sa présence, parce que nous avons encore chuté ? Cela ne peut se concevoir.
Dieu aussi châtie celui qu’il aime, nous dit Hébreux 12.7. Prenons-le pour acquis : on ne s’améliore pas sans souffrance. Par ailleurs, cela est aussi valable pour nous. Apprenons de Lui comment discipliner les enfants dans le respect et l’amour !